Cela fait quelques mois qu’une épidémie d’Ebola a été déclaré en République Démocratique du Congo. Et aujourd’hui, la situation est encore plus préoccupante que fin de l’année 2018. L’épicentre de cette nouvelle épidémie se trouve dans un petit village, celui de Mangina. Mais il s’est déplacé vers une ville plus importante, celle de Beni, dans le Nord-Kivu, qui compte près de 400.000 habitants.

Sur le terrain, on retrouve de nombreuses équipes médicales de MSF, mais la capacité à répondre à l’urgence vient à manquer. En effet, la capacité de prise en charge est saturée, alors que de nouveaux cas se déclarent chaque jour dans de nouveaux quartiers de la ville. Les équipes de MSF, ce n’est pas que l’administration de soins en cliniques. Ce sont aussi de nombreuses équipes qui quadrillent la ville et la campagne pour :

  • sensibiliser les gens,
  • prévenir les infections,
  • surveiller l’évolution de l’épidémie,
  • promouvoir la santé.

En plus de cette ville, d’autres métropoles de la région du Nord-Kivu sont touchées. C’est le cas de la ville de Butembo, une ville de plus d’un million d’habitants (c’est l’équivalent de Marseille). La ville compte 3 centres de traitement du virus Ebola, tous gérés par MSF.

Il faut noter qu’en plus d’aider les populations locales, MSF doit aussi veiller au bien-être de son personnel et assure un programme de vaccination pour le personnel de santé. Celui-ci reste le plus exposé au risque d’infection puisqu’il est en contact quotidien avec les malades.

Patient atteint par le virus Ebola

Une zone compliquée pour intervenir !

Le Nord-Kivu n’est pas la région la plus facile d’accès et la plus simple pour intervenir sur ce genre d’épidémie.

La région a vécu des années de guerres et de troubles, ce qui engendre un climat de suspicion et de peur. En effet, depuis le depuis des années 2000, la région a connu une rébellion dans le Sud-Kivu en 2004. Puis en 2005, il y eut un affrontement avec l’armée régulière jusqu’en 2008. Mais à peine la hache de guerre enterrée, un autre mouvement, le M23, a repris les armes. Aujourd’hui, ce groupe est également désarmé, mais la région est loin d’être pacifiée. On la considère comme la principale zone de non-droit, où chacun fait des allégeances dans son intérêt et tente de prendre le pouvoir.

Entre armée régulière, milices, forces privées et enrôlements forcés, les populations ont peur et refusent souvent l’aide des intervenants extérieurs qu’ils considèrent comme un nouvel ennemi.

De plus, ces situations de conflits perpétuels entraînent une grande mobilité dans les populations. Les gens bougent en fonction des conflits et s’installent dans les régions plus paisibles. Mais qui dit population mobile dit aussi virus très mobile. Sans oublier les meilleures conditions de propagation en raison d’un manque d’hygiène, d’accès à l’eau et à des soins de santé.

Le Nord-Kivu est donc un terrain idéal pour l’Ebola et pour une épidémie de grande ampleur.

D’ailleurs, Gwenola Seroux, responsable des urgences MSF, l’assure : « L’épidémie n’est pas maîtrisée ! »

A ce jour, plus de 8.000 contacts ont été recensés par les épidémiologistes de MSF. Et en plus de cela, la transmission du virus est différent de ce que l’on a pu observer lors des précédentes épidémies… L’insécurité et la forte mobilité de la population brouillent les cartes et les chaînes de transmission sont très difficilement détectables. Aussi, il est souvent trop tard quand MSF intervient et stopper la propagation est très difficile.

Enfant du Congo

Pour rappel

Pour détecter un cas d’Ebola, il faut faire des analyses sanguines. Pour cette raison, chaque centre de traitement dispose d’un laboratoire. Chaque nouveau cas confirmé est mis sous traitement dans les 24 heures qui suivent sa confirmation. Les patients sont isolés et reçoivent des traitements adaptés pour lutter contre le virus Ebola.

Les protocoles mis en place sont suivis par les plus hautes autorités, ce qui inclut le ministère de la Santé, Médecins Sans Frontières et l’Organisation mondiale de la Santé.

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