Le 5 mars 2026, à La Cigale à Paris, les Pégases du Jeu Vidéo ont consacré une nouvelle fois des étudiants d’ISART Digital. Leur jeu Candellum a décroché le Pégase du Meilleur Jeu Vidéo Étudiant, face à environ 1 500 membres de l’Académie des Arts et Techniques du Jeu Vidéo. Ce n’est pas un coup de chance isolé : c’est la quatrième victoire de l’école en sept cérémonies. Difficile de faire plus éloquent comme démonstration de régularité.
Les Pégases du jeu vidéo, une vitrine exigeante pour les talents français
L’Académie des Arts et Techniques du Jeu Vidéo organise chaque année les Pégases, équivalent français des BAFTA ou des Game Developers Choice Awards pour l’industrie hexagonale. La catégorie Meilleur Jeu Vidéo Étudiant ne fait pas figure de lot de consolation : environ 1 500 membres de l’Académie participent au vote, des professionnels actifs qui connaissent leur métier et savent repérer ce qui sort du lot.
Lors de la cérémonie 2026, la compétition était particulièrement relevée. Clair Obscur : Expedition 33 a raflé quatre trophées majeurs — Meilleur Jeu Vidéo, Excellence narrative, Excellence visuelle et Supérieur Univers Sonore. Absolum a été sacré Supérieur Jeu Indépendant, Wednesdays a brillé dans les catégories Accessibilité et Au-delà du jeu vidéo, The Rogue Prince of Persia a obtenu le Meilleur Premier Jeu Vidéo, Les Murmures du Soleil le Meilleur Jeu Mobile, et Rematch la Supérieure Innovation Technologique. Remporter un Pégase dans ce contexte, c’est donc se hisser parmi les meilleurs projets de toute une industrie.
Candellum, un hack’n’slash avec une vraie identité visuelle et mécanique
Candellum ne ressemble à aucun autre projet étudiant vu ces dernières années. Le principe : incarner une bougie guerrière qui doit survivre dans une mystérieuse usine de cire. La flamme représente à la fois la vie et la mort — une dualité qui structure l’ensemble du gameplay.
Le cœur de la mécanique repose sur le vol de cire aux ennemis pour préserver sa flamme. Deux systèmes de jeu distincts s’activent selon l’état du personnage — allumé ou éteint — ce qui oblige constamment à adapter sa stratégie. L’approche high risk, high reward rend chaque décision risquée mais gratifiante. Visuellement, le jeu mêle style primitif et atmosphère industrielle, un univers cohérent qui surprend par sa maturité.
Ce qui distingue vraiment Candellum, c’est l’attention portée à la narration environnementale. Pas de dialogues explicatifs : l’histoire se lit dans les décors, les textures, les détails de l’usine. Une direction artistique assumée, portée par les étudiants en Game Art Benjamin Aubert, Clément Campargue, Eugène Caubel, Enzo Chevalier, Ronan Le Goubey et Etienne Sachot.
Une équipe de 18 étudiants, 8 mois de développement : comment ils ont tenu
Franchement, coordonner 18 personnes sur un projet de fin d’études sur 8 mois de développement — contre 3 mois pour les productions habituelles à ISART — c’est un défi organisationnel autant que créatif. L’équipe couvrait toutes les disciplines nécessaires :
| Spécialité | Membres |
|---|---|
| Music & Sound Design | Stanislas D’Arnoux de Fleury, Pierre Cady |
| Game Art | Benjamin Aubert, Clément Campargue, Eugène Caubel, Enzo Chevalier, Ronan Le Goubey, Etienne Sachot |
| Game Programming | Bruno Gomes, Laurent Lin |
| Game Design & Programming | Maxens Haramburu, Raphaël Tan |
| Game Design | Isaac Menard, Maxwel Soares, Jérôme Thil |
| Producer / Manager | Mattéo Gomez, Eva Martinello, Yuvraj Singh |
Mattéo Gomez, game producer sur le projet, a structuré l’organisation autour de groupes par features sur Discord, avec des fils dédiés et des rituels de réunion réguliers. Chaque sous-groupe travaillant sur une même fonctionnalité avait son propre espace de communication. Ce n’est pas si différent de ce qu’on trouve dans un vrai studio — et c’est précisément l’idée.
Le projet n’a pas été conçu spécialement pour les Pégases. C’est Clément Campargue qui a présenté le concept à l’équipe, et les professeurs d’ISART l’ont validé avant le lancement du développement. Le boss de fin a failli tout faire déraper : trop complexe à exécuter tel quel, l’équipe a choisi de le retravailler plutôt que de le supprimer. Le combat contre une grosse créature en 1 contre 1 a été remplacé par une apothéose finale plus élaborée. Décision courageuse, résultat payant.
Un palmarès qui positionne ISART parmi les meilleures formations françaises en jeu vidéo
Quatre Pégases en sept cérémonies — c’est le bilan d’ISART Digital depuis 2021. Symphonia en 2021, Lysfangha en 2022, Sikaria : A Silent Hunt en 2024, et maintenant Candellum en 2026. Cette régularité n’est pas un hasard.
L’école de jeu vidéo Isart Digital forme des profils pluridisciplinaires capables de collaborer comme une équipe de studio dès leur formation. Ce palmarès aux Pégases le confirme concrètement.
Bruno Gomes, programmeur sur Candellum, conseille aux étudiants de tester différentes spécialités pour identifier leur voie, puis de chercher les concours auxquels ils sont éligibles et d’envoyer leur projet sans attendre la perfection. Mattéo Gomez, lui, insiste sur un point essentiel — s’entourer de personnes partageant le même niveau d’investissement sur la durée. Huit mois, c’est long. La motivation collective fait toute la différence.
Pour les étudiants qui souhaitent découvrir ces formations de près, ISART Digital participe au salon Studyrama des Formations en Gaming, Coding, Jeux Vidéo à Paris — une bonne occasion de rencontrer directement l’équipe pédagogique et des anciens étudiants primés.
