Faut-il écouter tous les conseils qu’on entend sur la crypto ? Il faut dire qu’avec des milliers de projets, les “influenceurs” sont omniprésents, avec pour certains des promesses de gains absolument déroutants. C’est fort logiquement que l’univers crypto pourra sembler chaotique pour un investisseur qui débute. Rassurez-vous, derrière ce brouhaha se cache un écosystème structuré, dans lequel chaque acteur joue un rôle précis. Une fois que vous aurez saisi qui fait quoi, pourquoi et comment, vous aurez un meilleur esprit critique pour faire des choix éclairés… plutôt que de suivre aveuglément le premier conseil venu.
Les différentes façons d’investir dans la crypto : du plus simple au plus complexe
Avant de parler bruit et influenceurs, revenons un moment sur les bases de l’investissement en crypto. Par où commencer quand on veut investir dans la crypto ? Bonne nouvelle, il existe une méthode adaptée à chaque profil, du débutant prudent au trader expérimenté.
D’abord, le Buy & Hold (littéralement “acheter et conserver”). C’est l’approche la plus simple et la plus populaire chez les débutants. Vous achetez du Bitcoin ou de l’Ethereum, vous les stockez dans un portefeuille sécurisé, et vous attendez. C’est l’équivalent crypto de l’investissement traditionnel en actions : pas besoin de surveiller les cours tous les jours, l’idée est de miser sur l’appréciation à long terme. Warren Buffett ne fait pas autre chose avec les actions, même s’il n’aime pas la crypto.
Ensuite, le Staking représente un cran de complexité supplémentaire. Certaines cryptomonnaies, comme Ethereum ou Cardano, permettent de “verrouiller” ses tokens pour participer à la sécurisation du réseau et recevoir des récompenses en retour. On parle de 4% à 12% par an en termes de rendement. C’est comparable aux dividendes en Bourse, sauf que vous gardez vos cryptos.
Ensuite, il y a la DeFi (Decentralized Finance ou finance décentralisée). Celle-ci ouvre un univers de possibilités : prêter ses cryptos contre intérêts, emprunter, ou fournir de la liquidité dans des “pools” pour toucher une part des frais de transaction, etc. C’est très riche et les rendements peuvent être attractifs. Attention, les projets de la DeFi comportent des risques techniques et le “yield farming” (le jargon pour désigner la recherche de belles opportunités de rendement en DeFi) n’est pas de tout repos !
Enfin, il y a le Trading actif, qui demande davantage de temps et d’expérience. Il s’agit d’acheter et vendre régulièrement pour profiter des variations de cours, parfois plusieurs fois par jour. Les traders manient des produits dérivés comme les futures et options, qui permettent de parier sur l’évolution future des prix. Le trader peut rejoindre une plateforme d’options crypto, déposer du capital, utiliser l’analyse technique (l’étude des graphiques) et suivre l’actualité de près. Cette approche peut être très lucrative si elle est menée avec prudence.
L’écosystème des influenceurs crypto : qui dit quoi et pourquoi
Maintenant que vous connaissez un peu mieux les “compartiments” dans l’univers crypto, il vous faut les clés pour comprendre qui sont tous ces gens qui parlent de crypto sur Internet ? L’écosystème des créateurs de contenu crypto est vaste et chaque catégorie répond à des logiques différentes. Les comprendre vous aidera à mieux filtrer l’information, avec un vrai esprit critique.
Les “shillers” (de l’anglais “to shill”, promouvoir) sont des influenceurs payés pour faire la promotion de projets crypto. Cette pratique, parfaitement légale, fait partie du marketing normal dans un secteur où des milliers de projets se disputent l’attention. Un shiller peut recevoir des tokens gratuits, de l’argent, ou les deux. Ils l’indiquent parfois avec des mentions comme « #sponsored » ou « #ad ». Mais pas toujours selon les juridictions…
Les créateurs de contenu éducatif se concentrent davantage sur la vulgarisation. Ils expliquent comment fonctionne une blockchain, décortiquent les projets, analysent les tendances, etc. Leur modèle économique repose généralement sur la publicité YouTube, les formations payantes ou les abonnements. Ils peuvent avoir des biais (tout le monde en a) mais leur objectif premier est d’éduquer.
Ensuite, vous avez des analystes techniques. Ils étudient les graphiques de prix pour identifier des tendances. Ils parlent de “supports”, “résistances”, “triangles ascendants”, etc. Leur approche, héritée des marchés traditionnels, divise : certains y croient dur comme fer, d’autres y voient de la pseudoscience. Dans tous les cas, leurs analyses influencent les décisions de nombreux traders.
Plus complexes, les chasseurs de pépites ou “gem hunters” recherchent les cryptos à fort potentiel avant qu’elles n’explosent. Ils analysent des dizaines de nouveaux projets, participent aux préventes, prennent des risques élevés. Quand ils trouvent une crypto qui fait x100, leur réputation grandit. Quand ils se trompent (souvent), on en parle moins.
Cet écosystème marketing est normal dans un marché libre et concurrentiel. Chaque projet crypto doit se faire connaître pour survivre, exactement comme une startup traditionnelle. La différence ? En crypto, tout va plus vite et les montants en jeu peuvent être colossaux.
Une première approche possible pour débuter en investisseur malin
Pour débuter malin, de nombreux investisseurs choisissent une approche délibérément conservatrice : rester dans le TOP 20 des cryptomonnaies par capitalisation. En clair, investir uniquement sur Bitcoin, Ethereum, BNB, Solana… jusqu’à la 20ème crypto la plus importante. En effet, ces projets établis ont fait leurs preuves et les risques d’arnaque sont quasi-nuls.
Voilà pourquoi vous verrez même parfois des investisseurs se revendiquer “maximalistes”, en n’investissant que dans Bitcoin ou Ethereum. Cette approche limite les gains potentiels (pas de crypto x1000) mais offre davantage de sécurité.
C’est donc une première approche possible : commencer simple avec le Buy & Hold sur les 10, 20 voire 30 cryptos les plus établies. Ce qui est intéressant de noter, c’est que beaucoup de sociétés de placement professionnel font exactement cela.
Dans le jargon du milieu, ce type d’approche fait partie des approches “smart money”, autrement dit les gros investisseurs, par opposition à la “dumb money”, les petits particuliers considérés comme mal structurés dans leur placement.
La crypto offre de vraies opportunités, mais comme tout investissement, le rendement est proportionnel au risque.
Limiter ses risques quand on débute en crypto : comment faire ?
Le risque en crypto, quand on investit sur un projet et sa crypto-devise officielle, c’est de tomber sur une arnaque. Mais alors, comment distinguer un projet légitime d’une arnaque ? Les escroqueries existent dans la crypto comme ailleurs, mais elles suivent des schémas reconnaissables.
D’abord, le Rug Pull (littéralement “tirer le tapis”). Il survient quand les créateurs d’un projet disparaissent soudainement avec la caisse, les fonds des investisseurs. Avec le temps, on reconnaît quelques signaux d’alerte : équipe anonyme, aucun audit de sécurité, liquidité non verrouillée (les créateurs peuvent retirer tous les fonds d’un coup). Vérifiez toujours si la liquidité est verrouillée pour plusieurs mois ou années.
Ensuite, le Pump & Dump (gonfler et larguer). Il consiste à faire monter artificiellement le prix d’une crypto via une promotion agressive, puis à vendre massivement une fois le prix au sommet. Les petites capitalisations y sont particulièrement vulnérables. Méfiez-vous des groupes Telegram promettant des “signaux” de trading gratuits.
Dans la même veine, les Honeypots (pots de miel) qui sont des tokens piégés : vous pouvez les acheter… mais le code du projet vous empêche de les revendre ! Avant d’investir gros, testez toujours avec une petite somme pour vérifier que la revente fonctionne.
Enfin, il y a les faux sites d’échange, qui copient l’apparence des plateformes légitimes pour voler vos identifiants. L’URL est souvent légèrement différente (binamce au lieu de binance). Mettez les vrais sites en favoris et n’y accédez que par ce biais. Le phishing est la stratégie des escrocs pour vous attirer sur ces sites.
Leur stratégie : de faux emails, de faux messages sur Discord, de faux support technique, etc. D’où la règle d’or : ne donnez jamais votre code et identifiant à personne, même pas au “support technique”. Aucune plateforme légitime ne vous la demandera.
